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L’Agenceur n°69

L’Agenceur n°69

janvier 2024

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L’Agenceur n°69

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Édito

L’Agenceur n°69

Pavillon noir

Adulé par certains, pointé du doigt par d’autres, le pavillon traditionnel subit le contrecoup d’une société en pleine mutation, où la question de l’habitat est de plus en plus souvent mise sur la table. Il incarne notamment le paradoxe post-Covid d’un désir d’espace en dépit de points négatifs difficilement occultables : endettement, envolée des coûts de construction et de l’énergie, et surtout incompatibilité avec le processus de transition écologique en raison d’installations en périphérie des villes, nécessitant la plupart du temps l’utilisation d’un véhicule…
En France, les zones pavillonnaires se sont développées à la manière du modèle américain, privilégiant des maisons individuelles implantées au milieu d’un jardin, sans mitoyenneté. Ces lotissements se multiplient sur le territoire dans la seconde moitié des années 70 grâce à une politique promettant à tous l’accession à la propriété, après plusieurs décennies favorisant l’habitat collectif. Une réussite indéniable : selon l’OCDE, en 2020, environ 62 % des ménages étaient propriétaires de leur logement. Si cette statistiques prend en compte tous les types d’habitat, les chiffres 2022 avancés par le ministère de la Transition écologique (et récemment repris par nos confrères de francetvinfo.fr dans un article très documenté) sont plus éloquents : 79 % des ménages propriétaires occupent une maison.
Cette expansion a été rendue possible par le soutien des banques, malgré deux problèmes majeurs : l’endettement des Français, et leur ultra-dépendance à la fluctuation des taux d’intérêt. Une donnée primordiale qui explique les récents retournements du marché de l’immobilier ; selon cette même étude du ministère de la Transition écologique, la construction d’appartements neufs a dépassé celle des maisons neuves voici déjà plus de dix ans. Par ailleurs, conséquence directe – entre autres – du serrage de vis de la Banque centrale européenne, le marché de la construction neuve aura été à la peine en 2022,
avec 376 000 logements référencés par le Service des données et études statistiques (Sdes), soit 3,7 % de moins qu’en 2021. Pis, la Fédération française du bâtiment anticipe un recul des mises en chantier de 9 % pour 2023.
Et pourtant, le désir d’acheter une maison n’a jamais été aussi fort. Selon le sondage annuel Ifop réalisé pour la Fédération française des constructeurs de maisons individuelles, 84 % des personnes interrogées rêvent d’une maison individuelle (+ 4 points par rapport à 2021). L’effet confinement et l’essor du télétravail y sont évidemment pour beaucoup. Mais face au contexte environnemental et aux tarifs délirants de l’immobilier, le pavillon n’est peut-être plus la solution la plus adéquate – ni la plus accessible.
Pour parer le manque de place dans un habitat à la surface restreinte, il existe pourtant un excellent moyen : l’agencement. Les professionnels du secteur rivalisent d’ingéniosité pour optimiser les intérieurs, et mettent leur talent au service des utilisateurs pour répondre aux nouveaux besoins, notamment en
appartement. De quoi mettre les pavillons en berne !