Bérénice Curt Architecture restaure la lumière dans un hôtel particulier
Dans un ancien hôtel particulier parisien datant du XVe siècle, le projet 003JCB de Bérénice Curt a orchestré une rénovation d’envergure conjuguant patrimoine et modernité. Derrière cette métamorphose, l’enjeu était double : révéler la noblesse des volumes d’origine, et offrir une lecture contemporaine des espaces guidée par la lumière.

L’appartement de 160 m2, organisé en enfilade et doté de plafonds culminant à 3,70 m, a d’abord fait l’objet d’une série d’études exploratoires. Dix-sept scénarios d’aménagement ont été dessinés avant de trouver la composition la plus juste pour ses nouveaux occupants. Ce patient travail d’analyse a permis d’équilibrer les pièces de vie à l’est – tournées vers la convivialité et la lumière – et les espaces privés à l’ouest, plus feutrés et introspectifs. Au cœur du projet, une recomposition structurelle donne lisibilité et cohérence à l’ensemble. Le décloisonnement partiel a mis à nu l’ossature bois, désormais assumée comme élément architectural à part entière. Elle contraste avec une trame métallique contemporaine, affirmation esthétique entre héritage et renouveau. Mais la clé de voûte du projet demeure la verrière, restaurée et réinterprétée, qui surplombe la cour intérieure. Naguère vétuste et faiblement connectée à l’habitat, elle a été entièrement repensée pour retrouver son rôle d’interface lumineuse. Rehaussée et redessinée, elle s’aligne sur la hauteur des salons, soulignant leur ampleur et accentuant la diffusion de la lumière naturelle. Ce nouvel écrin de verre devient un espace de transition poétique, tout à la fois source d’éclairage et lieu d’agrément. L’écriture intérieure repose sur un registre sobre et sensoriel, limité à cinq matériaux – travertin, bois, acier, laque noire et enduit à la chaux. Ce vocabulaire réduit renforce l’unité visuelle et la pureté des volumes. Dans les pièces humides, des socles surélevés structurent les plans et confèrent une dimension presque scénique à l’ensemble. Le mobilier intégré, façonné dans la continuité de cette palette, structure les espaces avec mesure : rangements dissimulés, alcôves, bibliothèques et encadrements sur mesure participent à la mise en scène des perspectives. Enfin, un parquet en marqueterie et la conservation d’un manteau de cheminée d’origine apportent un cachet supplémentaire à l’ensemble. Entre rigueur constructive et élégance des matières, cet appartement illustre une approche du design intérieur où la lumière, retrouvée, redonne vie à l’histoire.

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